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Gail TIDEY

Gail Tidey est née en Angleterre en 1971, d’un père anglais et d’une mère française.

Néanmoins, elle a gardé un lien très fort avec ses racines en revenant chaque été dans la campagne du sud de l’Angleterre, dans la région de Brighton où habitait sa grand-mère, Marjorie Baker, personnage atypique s’il en est : celle-ci était en effet une photographe humaniste et paysagiste reconnue, féministe avant l’heure et pionnière dans un art réservé aux hommes dans les années 1930, art qu’elle a exercé avec passion jusqu’à la fin de sa vie, à l’aube du 21ème siècle.

De ses longues promenades estivales avec sa grand-mère, dans la campagne anglaise et sur les plages de Brighton, promenades aussi sacrées que le thé noir (avec du lait, cela va de soi), Gail Tidey a inscrit dans ses gènes, année après année, le goût des paysages mélancoliques, suspendus comme si le temps s’était arrêté.

Adolescente, Gail Tidey, suivant les traces de sa grand-mère, a fort logiquement commencé son cheminement artistique par la photographie argentique, en noir et blanc, et a connu la même jubilation de voir ses instantanés apparaître dans la cuve emplie de révélateur.

Par la suite, elle s’est découvert des capacités de dessinatrice et de peintre, et a investi ce nouvel art par une exploration passionnée de différentes techniques, avec comme fil conducteur le portrait. Fusain ou pastel sur papier, gouache, acrylique sur toile ou sur papier kraft, au pinceau ou au couteau, gravure… Petits ou grands formats…Ces derniers temps, comme un retour aux sources, le travail du paysage à l’encre de Chine a pris le dessus et s’est vu, en 2017, récompensé coup sur coup à Bayonne et à Biarritz.

Les encres présentées ici sont volontairement travaillées en miniature sur un papier un peu fané pour donner l’illusion qu’il s’agit de vieilles photographies, comme pour s’immerger dans le souvenir du travail de la « Grandma » si chère à l’artiste, et créer chez le spectateur un sentiment diffus de nostalgie, d’intimité contemplative.L’effet recherché est le flou, dans des paysages saisis entre « chien et loup », à l’aube ou au crépuscule, à des heures où la nature se repose d’une présence humaine trop envahissante.L’utilisation de l’encre de Chine s’apparente à la technique de l’aquarelle : selon que l’on utilise le pinceau à sec ou chargé d’eau, la trace laissée sur le papier est précise (traits fins suggérant des roseaux, des végétaux, des oiseaux) ou diffuse (paysages enneigés, marécages, brumes, nuages dans un ciel aéré ou orageux, éclaircies au lointain).Les paysages représentés ici sont toujours issus de l’imagination de l’artiste, mais cherchent à donner l’illusion d’une capture quasi photographique d’un instant suspendu, comme une sorte de haïku visuel, une émotion livrée en trois coups de pinceaux (ou presque) en hommage à une nature qui continue d’être là malgré l’homme.